Je vous renvoie aux articles de Marianne2, « Fausse victoire de Merkel, vraie faillite du SPD Â», où Gilbert Casasus, professeur à l’université de Fribourg, décrypte les résultats qui confirment la perte de repère politique en Allemagne au profit de la gauche … et surtout des libéraux !

A lire également dans Rue89, la synthèse des résultats dans l’article « Merkel victorieuse, les cinq leçons du scrutin allemand Â».

Enfin une analyse approfondie de la chancelière allemande dans Mediapart, « Comment «Mutti» Merkel a soumis l’Allemagne Â».

Mais pour la France, les élections allemandes ont un arrière goût de répétition générale de nos futures élections, régionales ou surtout nationales. Nicolas Sarkozy peut se réjouir et féliciter chaleureusement Angela Merkel pour sa victoire : « ""Je tiens à vous adresser mes plus chaleureuses félicitations pour votre succès aux élections fédérales et vous exprimer tous mes voeux de pleine réussite dans la haute mission que les Allemands viennent de vous confier pour la seconde fois", écrit le chef de l'Etat français dans son courrier.

"Ce succès, à l'issue des quatre années pendant lesquelles vous avez conduit le gouvernement de l'Allemagne, confirme de manière éclatante la confiance que vos compatriotes vous accordent", relève-t-il (…)"C'est ce que nous avons fait ensemble, depuis deux ans, sur tous les dossiers majeurs pour nos deux pays et pour l'Union' Â» (AFP).

Pour Nicolas Sarkozy le modèle Merkel correspond parfaitement à ce qu’il s’est évertué à bâtir depuis les élections de 2007 : rallier à lui des électrons de la droite du PS ou du centre gauche, absorber les partis et surtout les électeurs à la droite de l’UMP et favoriser l’émergence des partis à la gauche du PS, les formations du « Parti de gauche Â» de Jean-Luc Mélanchon et du NPA d’Olivier Besancenot.

Les élections allemandes préfigurent malheureusement ce qui arrivera en 2012 en France si les différentes formations à gauche ne changent pas fondamentalement leur stratégie. Les électeurs de gauche  en Allemagne sont déboussolés par un monde où il leur semble impossible de changer quoique ce soit. Un an après le début de la crise financière, les banques et places boursières ont repris (l’ont ‘ils quitté ?) le chemin de la spéculation débridée et des bonus sans bornes ; les salariés sont les victimes massives de plans de licenciement, dont la crise économique au départ était le prétexte facile, mais dont les effets vont dans les mois à venir, précipiter l’effet boule de neige et en amplifier encore l’ampleur. Devant cette impuissance supposée des politiques, la majorité des électeurs de gauche se résignent et se détournent des urnes, tandis qu’une minorité, en France comme en Allemagne se radicalise. Les 12% du Linke en Allemagne vont donner des ailes et des idées au Parti de Gauche de Luc Mélanchon et faire réfléchir le PC et le NPA.

Au PS, cette victoire de la CDU en Allemagne et cet effondrement des sociaux démocrates devrait provoquer une véritable prise de conscience de la perte de repère des électeurs de gauche en Europe et amener la direction du PS ainsi que ses militants à définir une ligne politique claire, mais rien n’indique que cela en prenne le chemin …