Face à l'élection de Monsieur Barroso le 16 septembre dernier, on ne peut qu'être consterné par l'absence d'opposition parlementaire à sa réélection ! Pourtant "l'opposition" à Monsieur Barroso existait bien et avait la possibilité de mettre en difficulté cette réélection plébiscitée par les chefs d'Etat Européens. Mais c'était sans compter avec le jeu politicien de Monsieur Schulz et l'absence de courage politique des députés de gauche.
Tant que l'Union Européenne sera une Europe confédérale, une Europe des Etats, rien ne changera, rien ne sera possible et les électeurs se détourneront définitivement d'élections qui ne semblent servir à rien.
Il faut retrouver la vision de l'Europe que nos grands-parents et parents ont porté après deux conflits mondiaux : une vision à long terme, celle d'une Europe fédérale. Chez nos hommes et femmes politique de gauche, l'une des seules à avoir rappelé cette vision fut Ségolène Royal. Comme le soulignait Bernard Guetta dans sa chronique du 29 mai dernier , "Ségolène Royal a brisé un tabou et, sans doute, heureusement. En parlant, avant-hier, des « Etats-Unis d’Europe » comme de l’objectif ultime du processus d’unification européenne, elle a, d’un coup, redonné une clarté à cette entreprise si complexe qu’elle en est devenue obscure à tant d’Européens. (...)
De crainte de passer pour de doux rêveurs, romantiques, utopistes, ignorant des réalités politiques, même les plus déterminés des partisans de l’unité de l’Europe n’osaient plus employer l’expression de Victor Hugo. On ne peut pas, disait-on, ce serait briser net un consensus qui ne sortirait de l’ambiguïté qu’à son détriment, ce serait rompre avec la Grande-Bretagne, effaroucher les Polonais, déclarer la guerre à tous les souverainistes de tous les pays membres, susciter de nouvelles querelles bien plus violentes encore que celle du traité constitutionnel."
Pourtant le combat à mener est bien celui-ci. Nous voulons, nous rêvons d'un "Etat commun, oui, un Etat européen, avec un Premier ministre procédant d’une majorité parlementaire ou un président élu au suffrage universel – c’est un autre débat, plus secondaire – mais un exécutif commun procédant, dans les deux cas, du suffrage universel paneuropéen."
L'absence de projet politique au niveau européen n’est pas de nature à réjouir les partisans de gauche d’une Europe enfin politique et démocratique. Bernard Guetta le soulignait encore le 8 juin : "Tant que les gauches européennes ne se résoudront pas à se battre ensemble, derrière des candidats communs et un programme de réinvention de la protection sociale, pour conquérir le pouvoir à Bruxelles et à y recréer une puissance publique à même de peser dans un marché mondialisé, elles ne retrouveront ni identité propre ni force de séduction. Cela est vrai dans toute l’Europe car, confrontés aux mêmes problèmes, l’électorat paneuropéen a, partout, les mêmes réactions.« L’opposition en Europe n’existe pas, car l’Europe politique n’existe pas et son absence favorise les combinaisons politiciennes.
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